What’s new about fact checking fake news? / Quoi de neuf au rayon fact checking ?

Crédits : Yann Schreiber

David Dieudonné, directeur du Google Newslab 

 

Le projet CrossCheck, soutenu par le réseau international d’organisations médiatiques First Draft, a duré dix semaines durant lesquelles les journalistes de trente-sept rédactions régionales et nationales ont  repéré chaque jour la pire fake news et se sont employés à la démystifier. Ce travail a été mené de façon très expérimentale, et c’est pourquoi une analyse a posteriori de ses effets a été commandée à deux universitaires français qui viennent de rendre leurs conclusions dans un rapport disponible en ligne. David Dieudonné est venu présenter ce bilan.

Le bilan dans les rédactions

Le bilan est plutôt positif parmi les journalistes participants : 

  • La circulation des informations entre les rédactions a bien fonctionné. Le rapport pointe le fait que le travail entre rédactions s’est fait de manière non concurrentielle.
  • Les chercheurs ont également constaté une montée en compétence des journalistes qui ont participé à ce projet grâce à l’apprentissage de nouvelles techniques ainsi que grâce à la nature collaborative du projet.
  • Enfin, les journalistes ont fait l’apprentissage du “silence stratégique” : ils ont appris à analyser quand il valait mieux démystifier une information ou ne rien dire pour la faire disparaître d’elle-même.

 

Le bilan parmi le public

Les retours de la part du public sont de même majoritairement positifs :

  • Parce qu’il a compris que ce projet résultait d’une collaboration entre de nombreuses rédactions nationales et régionales, le public a eu le sentiment que ce travail était d’une grande neutralité. L’idée d’horizontalité était ainsi la plus puissante en terme d’impact.
  • Ce projet a également ouvert les yeux de certains quant à la dangerosité émotionnelle de certains contenus

Les considérations pour le futur

  • La fierté et la satisfaction des participants enjoint le Google News Lab à renouveler l’expérience. L’étape suivante consiste à comprendre pourquoi cette “union sacrée journalistique” a fonctionné en France alors qu’elle a eu plus de mal à exister dans d’autres pays où l’expérience a été menée comme en Allemagne ou au Royaume-Uni.
  •  Assez peu de monde a entendu parler du projet : la promotion a été faible. David Dieudonné l’explique par le fait qu’il n’y avait aucune certitude quant au succès du projet.

 

En guise de conclusion, David Dieudonné a dévoilé le nouveau projet du Google News Lab : “on a décidé de consacrer au fact-checking le programme News Lab Fellowship” a-t-il déclaré. Le but : placer des étudiants dans des rédactions pour travailler particulièrement sur le sujet de la détection des fake news. Les candidatures seront ouvertes à partir du 21 décembre.

 

                                                                                                                                                                                                                            Ninnog Louis

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